Chère lectrice, cher lecteur,
 
Vous le savez, la lettre Directe Santé s’est opposée farouchement au projet du gouvernement de dérembourser l’homéopathie.  
 
Nous nous sommes mobilisés autour d’une grande pétition, nous avons sollicité les plus grands spécialistes de l’homéopathie, avec eux nous sommes battus jusqu’à la dernière seconde.
 
Et pourtant…
 
La ministre de la Santé, Madame Agnès Buzyn, a annoncé le 9 juillet dernier la fin programmée du remboursement de l’homéopathie :
 
La prise en charge de ce traitement par l’Assurance-maladie (30 % actuellement) va être progressivement réduite. Elle passera de 30 % à 15 % en 2020, puis à 0 % au 1er janvier 2021.
 
Alors… L’homéopathie a t-elle perdu la bataille ? Est-ce la fin programmée d’une thérapeutique riche de deux siècles d’histoire?
 
C’est ce que disent les médias officiels, en effet.
 
Mais au risque de vous surprendre, il me semble que le vainqueur n’est peut-être pas celui qu’on croit dans cette affaire…

Un compliment très inattendu

 
D’abord, parce qu’on n’a jamais autant parlé d’homéopathie sur la place publique.  
 
Certes, on a entendu les quolibets des « anti », qui sont allés jusqu’à traiter leurs confrères homéopathes de « charlatans », et leurs patients de « couillons ».

Mais on a surtout entendu s’exprimer des thérapeutes, des patients, des personnes saines d’esprit et raisonnables, venues témoigner que pour eux, l’homéopathie « ça marche ».
 
En 2019, en France :

Un médecin sur trois prescrit l’homéopathie.
 
Et 74 % des utilisateurs la jugent « efficace »…

 
…Pour soigner les maux du quotidien bien sûr (la fièvre, l’eczéma, les poussées dentaires, le rhume), mais aussi les troubles du sommeil, la dépression ou encore le stress ou même la polyarthrite…
 
Certains médecins ont rappelé qu’entre 30% et 50% des malades atteints d’un cancer l’utilisent en soins de support pour réduire les effets secondaires des traitements dits traditionnels.
 
Tous ces gens-là sont-ils fous ?
 
« C’est l’effet placebo » leur a répondu Madame Buzyn…
 
Justement…
 
C’est l’un des mérites du débat sur l’homéopathie : les Français ont redécouvert l’effet placebo.
 
Car le placebo, ce n’est pas du tout un effet psychologique.
 
Il agit comme un signal pour donner au corps l’ordre de se guérir, en déclenchant pour de vrai la fabrication de certaines substances :

  • Antibiotiques, par exemple, via notre système immunitaire.  

 

  • Antidouleur, via les endorphines que nous fabriquons dans notre cerveau et qui fonctionnent comme la morphine, sans les effets secondaires.

 

Dans une étude, des chercheurs de l’Université de Californie ont donné des placebos à 40 patients à qui l’on venait d’enlever les dents de sagesse1.
 
Les patients, convaincus d’avoir reçu un « vrai » médicament témoignèrent d’une amélioration réelle. Mais les chercheurs leur donnèrent ensuite un antidote à la morphine, appelé naloxone, qui bloque l’action des endorphines. Et alors les patients ressentirent à nouveau la douleur ! Cela démontrait qu’en prenant le placebo, les patients avaient créé leurs propres endorphines !!!

 

  • Antidépresseurs, avec l’augmentation significative de l’activité dans le cortex préfrontal, un endroit du cerveau où les patients déprimés connaissent généralement une faible activité !2
  • Etc.

 
Si l’homéopathie a un « effet placebo », il faut le prendre comme un compliment !

Cela signifie qu’elle active la production bien concrète de substances qui vont agir de façon positive. Et c’est donc bien qu’il se passe quelque chose.

Mais le placebo ne fonctionne pas à l’identique chez tout le monde.
 
Je vous ai déjà parlé du Pr Kaptchuk, spécialiste de biologie moléculaire de l’Université de Harvard, qui a cherché à savoir qui étaient les patients qui répondaient le mieux au placebo.
 
Dans des pathologies de fatigue liée au cancer, de migraine, de colopathie fonctionnelle et de mal de dos chronique, il a précisé aux patients qu’ils recevaient des comprimés sans principe actif : « Selon les pathologies, les symptômes ont bel et bien diminué, de 15 à 30 % ».
 
Et parmi les raisons qui expliquaient la plus grande sensibilité au placebo figurait une plus grande attention portée par le patient aux signaux émis par son corps.
 
Nous touchons là l’essentiel.
 
L’écoute de son corps, et la connaissance de soi.

Voilà un élément que le débat sur l’homéopathie a eu également le mérite de mettre en avant : c’est une thérapie où le patient est activement impliqué dans son parcours de guérison.

Est-ce pour cela que les Français la plébiscitent ?

Est-ce pour cela qu’un patient qui consulte un médecin homéopathe consomme 2 à 3 fois moins de médicaments iatrogènes, c’est-à-dire entraînant des effets secondaires (antibiotiques, anti-inflammatoires, psychotropes, etc.) 3 ?

 

Ces questions importantes, les anti-homéopathes ne se les posent pas. Dommage…

Car chercher à comprendre le fonctionnement homéopathique, c’est ouvrir un champ nouveau sur la circulation de l’information dans l’organisme.

A ce sujet, un lecteur de Directe Santé, Michel S., polytechnicien et « systémicien » (spécialiste des techniques des systèmes complexes d’ensembles d’éléments en interaction) pose des hypothèses très intéressantes. Voici ce qu’il nous écrit :

« Le décodage de l’ADN a introduit la notion de stockage d’informations élémentaires dans notre corps ».  
 
« Mais beaucoup de formes que prennent les informations élémentaires entre des organes du corps nous sont encore inconnues. »
 
« On pourrait donc essayer de vérifier que :
 

– d’une part, une molécule de sucre d’un granule homéopathique conserve la trace (un peu comme un pas d’homme dans une surface boueuse) de la molécule du principe actif de la teinture-mère qu’elle a touché ;

– d’autre part, notre cerveau est capable de détecter cette information passée quelque part dans le corps, et de l’interpréter comme un danger potentiel (la trace d’une molécule du principe actif), auquel il va réagir, comme il en a l’habitude, dans sa mission immunitaire en agissant, comme il doit en général le faire avec l’emploi des seuls moyens de notre corps.

« Autrement dit l’information d’une granule homéopathique serait beaucoup plus fine que l’information (ou plutôt le « marteau pilon ») apportée par les molécules chimiques d’un médicament allopathique. »

 
Une information – fine – la communication « douce » avec les organes du corps, …Cette piste est évidemment essentielle. Complexe, certainement, mais qui sait jusqu’où elle pourrait mener si on daignait la suivre vraiment ?

Et c’est pourquoi je pense que nous n’en avons pas fini avec l’homéopathie.

Continuer à soutenir les homéopathes  

 
D’ailleurs, ce qui compte, ce n’est pas l’actualité, c’est le temps long.  
 
C’est le sens de cette réflexion du grand biologiste Jean-Marie Pelt, aujourd’hui disparu :

« Lorsque je passai mon agrégation en pharmacie dans l’option science des plantes médicinales, on laissait entendre que cette option ne figurerait plus dans les concours ultérieurs. »
 
« Nous étions en 1961, les plantes étaient censées avoir perdu définitivement leur place dans la compétition que leur livrait la chimie de synthèse ».

 
Définitivement ?
 
Jean-Marie Pelt savait que c’est exactement l’inverse qui allait se produire.  
 
Il avait raison : ce qui était présenté comme une évidence hier – la victoire par KO de la chimie – est totalement remis en question aujourd’hui.
 
De plus en plus de personnes sont conscientes des limites du tout chimique, et veulent remettre la Nature au cœur de leur santé : dans la nutrition, dans la prévention, dans le soin.  
 
Et l’homéopathie fait intégralement partie de cette reconquête.

Maintenant, que va-t-il se passer pour l’homéopathie ?

 
Plus nous nous exprimerons, plus nous nous mobiliserons, plus les autorités prendront conscience qu’elles sont en décalage avec le sens de l’histoire.  
 
Le premier signe est que le 20 juillet dernier, 45 députés de tous bords politiques, ont signé une « tribune » pour demander au gouvernement de renoncer au déremboursement de l’homéopathie4 !
 
Les signataires, pas franchement des « complotistes », trouvent néanmoins « curieux » que cette pratique, longtemps reconnue par les autorités et la communauté médicale, exercée pendant plus de 200 ans par des médecins formés, et inscrite à la pharmacopée française en 1965, puisse soudainement être rhabillée des habits du diable et de la « fake medicine » (fausse medecine).

Tiens, tiens…
 
Y aurait-il une industrie qui aurait intérêt à voir disparaître l’homéopathie ?

« L’homéopathie, écrivent nos députés, répond à un réel besoin médical. »

« Elle contribue indéniablement à diminuer la consommation médicamenteuse et ainsi à combattre l’antibiorésistance, reconnue comme un problème majeur en termes de santé humaine et animale au niveau international. »

« Elle peut répondre aux risques liés à la polymédication et se présenter comme une alternative personnalisée à certains traitements. »

« Enfin, elle permet de répondre aux besoins de santé non couverts des populations les plus fragiles comme les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou encore en association soulager les malades du cancer. Pour toutes ces raisons, l’homéopathie ne doit pas être déremboursée au 1er janvier 2021. »

C’est écrit en style de député, peut-être….mais les choses sont dites.

Alors, finalement, le déremboursement annoncé aura-t-il lieu ?
 
A voir…
 
Les autorités savent que l’homéopathie est un sujet explosif :  

Un coup à voir se dresser une forêt de Gilets Verts bien décidés à se battre pour leur liberté thérapeutique et la défense de la médecine naturelle…
 
…en pleine campagne pour l’élection présidentielle de 2022 !

 
Alors restons mobilisés, car rien n’est encore définitif !
 
Gabriel Combris

PS. Ceux qui ne l’auraient pas encore signée peuvent retrouver la grande pétition de défense de l’homéopathie ici. A faire tourner, encore et encore !!!

 

Sources :

[1] Levine, Jon.D., GORDON, Newton C. et Howard L.FIELDS. « The mechanism of placebo analgesia », Lancet, vol.2, no8091, 1978, p.654-657.
[2] Leuchter, Cook, Witte et al. « Changes in brain function of depressed subjects during treatment with placebo », American Journal of Psychiatry, vol 159, no 1, 2002, p.122-129.
[3] http://www.snmhf.net/images/stories/PANORAMA_DU_MEDECIN.pdf
[4] https://www.lejdd.fr/Politique/tribune-45-deputes-sopposent-au-deremboursement-de-lhomeopathie-3910633