Chère lectrice, cher lecteur,

Dans la série « grands visionnaires », voici ce que répondaient la plupart des médecins interrogés dans les années 1960 sur les huiles essentielles et le pouvoir de l’aromathérapie :

« C’est une méthode totalement dépassée ! »

« Vouloir s’attaquer aux maladies avec des essences aromatiques alors que l’on dispose de toutes les ressources de la chimie moderne serait aussi ridicule que de partir en guerre, de nos jours, avec une arquebuse ou un tromblon ». [1]

Je sais qu’on ne doit pas se moquer, mais bon…c’est tentant.

Car c’est rigoureusement l’inverse qui est en train de se produire.

Alors que la « chimie moderne » a fait la démonstration de ses limites dans la lutte contre le cancer, contre Alzheimer, contre la douleur chronique, contre la dépression etc., « l’arquebuse » de l’aromathérapie, au contraire, révèle une puissance et une efficacité que les scientifiques applaudissent chaque jour un peu plus.

Le chemin a été long, et il est encore plein de surprises, mais en écrivant ces lignes on ne peut que rendre hommage aux pionniers de l’aromathérapie, les Cazin, Meurisse, Lemaire, Gattefossé, Binet, ou plus proche de nous le docteur Jean Valnet, qui a tant contribué à la connaissance du « traitement par les essences de plantes ». [2]

Tous ont en commun d’avoir développé une compréhension scientifique des plantes et des huiles essentielles, et la conclusion de leurs recherches est sans appel : les traitements par les plantes et les essences aromatiques sont TOUT SAUF une « coquetterie de grande dame voulant jouer à la bergère ».

Il s’agit d’une thérapeutique de pointe, qui révèle une FORMIDABLE puissance, dans des maladies parfois extrêmement lourdes et invalidantes !

Certaines huiles sont tellement actives qu’on les utilise même dans les polyarthrites et les rétractions des tendons dans la maladie de Dupuytrens (huile de thym à thuyanol, huile de sarriette et hélichryse d’Italie).

Dans une étude récente parue dans la revue Neuropsychopharmacolog, l’huile essentielle de lavande a montré plus d’efficacité que l’antidépresseur paroxétine (de la famille des ISRS, où on trouve le célèbre Prozac) !

Et il y a encore plus impressionnant, avec des expérimentations qui sont conduites actuellement pour traiter la maladie…d’Alzheimer, à l’aide d’huiles essentielles !

Des huiles contre…Alzheimer !

La science a en effet découvert que les odeurs familières stimulent des zones cérébrales spécifiques dont l’hippocampe (associée à l’apprentissage) et réveillent des souvenirs anciens depuis l’enfance.

C’est la raison pour laquelle les huiles essentielles prennent tout leur intérêt : elles agissent notamment via l’acétylcholine, un neuromédiateur qui intervient dans les fonctions olfactives.

Des hôpitaux, dont l’assistance publique de Paris, testent en ce moment même l’impact des huiles essentielles sur les troubles du comportement et du sommeil chez des malades d’Alzheimer.

Au CHU de Nice, le Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR) mesure l’impact des huiles essentielles dans l’amélioration du comportement, de la motricité et de la fonction cognitive de patients malades ou à risque.

Un protocole mis en place au Japon sur 28 personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer a montré un impact positif des huiles essentielles sur leurs fonctions cognitives.

A l’Université anglaise de Northumbria, les chercheurs ont démontré que l’huile essentielle de Romarin à 1-8 cinéole favorisait grandement les fonctions cognitives.

Plusieurs autres constituants révèlent un excellent potentiel sur la mémoire :

– les citrals, à l’action anticholinestérasique, anti-inflammatoire et anti-oxydante (on les trouve dans l’huile essentielle de lemon-grass)
– l’angélate d’isobutyle est utile contre la forte anxiété, les crises d’angoisse et les troubles du sommeil (vous la trouvez dans l’HE de camomille romaine)
– le d-limonène, particulièrement anxiolitique (dans l’He de pamplemoussier ou de mandarinier)
– etc.

Pour la pharmacienne Fabienne Millet, « la diffusion atmosphérique peut être utilisée, même en cas de perte de l’odorat, car il y a toujours un passage dans le sang des huiles essentielles via la muqueuse nasale ».

Une diffusion atmosphérique permet de stimuler les fonctions cognitives, de maintenir des points de repère, de calmer l’agitation, de favoriser la concentration, le sommeil ou l’attention. Elle aide le malade mais aussi tous les aidants soumis à un stress important.

Il se pourrait même que les huiles essentielles diffusées aient une action sur le renouvellement neuronal, au niveau de l’hippocampe !

Pas si mal, pour une « arquebuse »…

Huiles essentielles et cancer

Une autre utilisation de plus en plus fréquente des huiles essentielles concerne l’accompagnement des traitements conventionnels des cancers.

C’est notamment le cas de l’huile essentielle de niaouli, dont la capacité à protéger la peau est de plus en plus reconnue :

« L’huile essentielle de niaouli [3] (Melaleuca quinquenervia CT [4] 1-8 cinéole ou CT Nérolidol) a largement fait ses preuves pour protéger la peau des brûlures. Mais il est préférable de ne pas utiliser le type chimique viridiflorol du fait de son œstrogénicité », explique la gynécologue Bérengère Arnal.

D’autres huiles essentielles sont dépourvues de molécules oestrogéniques, elles sont aussi toujours employées pures : il s’agit des huiles de lavande, d’arbre à thé, de l’immortelle (Helichrysum italicum et pas odorantissimum riche en viridiflorol), de la myrrhe (Commiphora molmol) qui sont elles aussi efficaces.

L’huile de millepertuis (Hypericum perforatum) offre aussi des propriétés régénérante, cicatrisante, adoucissante, anti-inflammatoire et anti-bactérienne. On peut l’appliquer une à deux fois, après la séance de radiothérapie, et le soir, au coucher.

Efficace contre les nausées, les infections, et en cas d’opération

Plusieurs études scientifiques récentes ont donné raison aux grands pionniers de l’aromathérapie : les huiles essentielles sont efficaces contre les nausées, les infections de la bouche, et pour aider à la cicatrisation des plaies, des problèmes qui touchent souvent les malades du cancer à cause des traitements qu’ils suivent. [5]

Il n’est donc pas surprenant que le Dr Giraud, auteur du livre « Huiles essentielles et cancer » [6] observe d’excellents résultats sur ses patients :

  • La chimiothérapie cause nausées et vomissements – mais ces désagréments sont très bien combattus par l’huile essentielle de citron ;
  • La chirurgie risque de causer des hématomes… et la cicatrisation peut-être plus ou moins longue. Dans ces deux cas, l’huile essentielle d’hélichryse italienne fait des merveilles pour les malades ;
  • Autre effet fréquent des médicaments contre le cancer : les inflammations de la bouche, avec son cortège d’effets désagréables (aphtes, mycoses, etc.). Pour limiter les risques, un simple mélange de trois huiles essentielles (Lemongrass, Tea tree et Niaouli) a de très bons résultats. [7]

D’après le Dr Giraud, l’Huile essentielle de Ravintsara permet de diminuer la toxicité de la chimiothérapie sur le système immunitaire.

Dans son livre, le Dr Giraud pose des questions franchement passionnantes sur le potentiel peut-être encore insoupçonné des huiles essentielles contre le cancer. Je précise que ce ne sont que des hypothèses, et qu’il n’existe pas, à ce jour, de preuves scientifiques irréfutables, mais tout de même…

Dans le cas du cancer du sein de stade IV, elle rapporte que la survie moyenne de ses 302 patientes – qui ont suivi un traitement conventionnel combiné à un traitement avec des huiles essentielles – était de 46,6 %, 5 ans après le diagnostic.

C’est assez remarquable, quand on sait que la moyenne « générale » de survie n’est que de 24,5 %.

Les résultats obtenus pour d’autres cancers, comme celui du côlon, stade IV traduisaient la même supériorité des traitements qui combinent approche conventionnelle et huiles essentielles, avec une survie moyenne des patients « combinés » de 42 % de survie à 5 ans contre 11 % en moyenne (échantillon de 141 patients).

Une fois encore, ce ne sont pas là des preuves scientifiques. Mais il y un « soupçon » très favorable en faveur d’une utilisation maîtrisée, contrôlée, des huiles essentielles pour le traitement de ces pathologies lourdes et on ne voit vraiment pas pourquoi on en priverait les malades !

Les huiles essentielles, « une méthode totalement dépassée » affirmaient la majorité des scientifiques dans les années 1960.

Vous aurez compris que ce n’est pas mon avis. Je pense exactement le contraire.

Je serais curieux de connaître le vôtre !

Santé,

Gabriel Combris

Sources :

[1] Jean Palaiseul. Tous les espoirs de guérir. L’aromathérapie. Robert Laffont

[2] Voir son livre Aromathérapie, traitement des maladies par les essences de plantes, Maloine S.A. éditeur

[3] travaux du dr Anne-Marie GIRAUD ROBERT

[4] chémotype = CT = type chimique

[5] Aromatherapy as treatment for postoperative nausea: a randomized trial. Hunt R. et all. Anesth Analg 2013 Sep.

[6] Anne-Marie Giraud, « Huiles essentielles et cancer – approche thérapeutique innovante et naturelle », éditions Quintessence.

[7] Dental patient anxiety: Possible deal with Lavender fragrance. Zabirunnisa M. et all. J Res Pharm Pract 2014 Jul