Chère lectrice, cher lecteur,

On connaît déjà le « potentiel » calamiteux du stress chronique :  

    • Sur le cancer de la prostate : il accélère sa progression1,
    • Sur les maladies coronaires : il peut agir comme déclencheur d’un événement cardiaque majeur2
    • Sur l’efficacité du système immunitaire3  : il l’abîme à petit feu, nous empêchant de combattre efficacement les maladies passagères (grippe, bronchites, etc.) et les dégénérescences liées à l’âge ou à l’environnement, cancer notamment.
    • Etc.

Maintenant, je voudrais aborder un effet méconnu du stress, qui agirait aussi agir comme un véritable bourreau du…cerveau.  

Perte de mémoire et rétrécissement du cerveau


Certains travaux récents ont montré qu’un stress chronique non pris en charge pouvait affecter l’hippocampe, siège de la mémoire et des émotions, et provoquer des effets particulièrement désastreux sur le cerveau4.

Les dernières études sur le sujet méritent qu’on s’y attarde :

Une équipe de neurologues de l’Université de Texas à San Antonio, a notamment analysé le niveau de cortisol, l’hormone du stress, chez plus de 2000 patients adultes (50 ans en moyenne).  

Les scientifiques ont découvert une perte de mémoire et un rétrécissement du cerveau plus importants chez les participants au niveau de cortisol le plus élevé5.  

D’autres études montrent également que la dépression liée au stress peut affecter la genèse de nouveaux neurones,6 favorisant l’apparition de troubles cognitifs, émotionnels et mnésiques.

 

Ces souris-zombies qui nous ressemblent !


Dans une autre expérience, les chercheurs en neurosciences de l’Université de Philadelphie ont divisé en deux une population de souris7.

Dans un premier lot, chaque souris était enfermée seule dans une petite cage maintenue vide, propre, et nourrie chaque jour avec la même nourriture aseptisée.

Des sortes de souris-zombie qui ressembleraient un peu sur les bords à l’homme moderne, multi-connecté mais solitaire et nourri aux aliments ultra-transformés.

Au bout de trois semaines, on a constaté une diminution de 50% du nombre de leurs neurones.

Lorsqu’elles étaient ensuite soumises à une source de stress, cela entrainait une disparition quasi-totale des neurones.  

Dans le deuxième lot, les souris étaient installées à plusieurs dans de grandes cages avec différents objets qui leur permettaient de faire de l’exercice, avec une nourriture diversifiée.

Eh bien, en seulement quelques semaines, le taux de production de nouveaux neurones était multiplié par trois.

Deux salles, deux ambiances, comme on dit…Et il vaut mieux ne pas se tromper de porte d’entrée.

Dans le premier lot, le cerveau se détruit littéralement sous l’effet de la routine, de l’inactivité, de l’isolement, du stress et de l’alimentation invariante.

Dans le deuxième lot, on constate les bienfaits sur les neurones du changement, de l’activité, de la vie sociale, de la nourriture diversifiée.

On me dira : ce sont des souris, cela reste à prouver chez l’homme.

Certes…en attendant, il me semble que cela illustre parfaitement l’importance de l’équilibre en tout, de la sérénité, de l’activité physique, des choix alimentaires, des relations sociales et du sens que l’on met au quotidien dans sa vie.

En écrivant cela, j’entends déjà les critiques : « vous dites toujours pareil ! ».

Peut-être…

Mais alors : pourquoi les choses sont-elles si longues à changer ?

Pourquoi le réflexe, en cas de stress, d’anxiété ou d’angoisse, est-il encore beaucoup trop souvent la prise d’anxiolytiques (Valium, Xanax, Lexomil, Lysanxia, etc.)?

Rien qu’en France, en 2015, il s’est écoulé près de 120 millions de boîtes d’anxiolytiques.

Près de 7 millions de Français les utilisent8, avec une durée moyenne du traitement beaucoup trop longue de 7 mois…

…ALORS qu’une étude dévoilée par le British Medical Journal a montré qu’une consommation de ces médicaments pendant plus de 3 mois augmentait de 51% le risque de développer une maladie d’Alzheimer chez les plus de 66 ans.9

Dans ce contexte, parler plutôt de recherche d’équilibre(s) de vie dans la lutte contre le stress n’est peut-être pas si anodin qu’on pourrait le croire.

 

Réflexe NUMERO UN contre le stress   


D’ailleurs, le système nerveux lui aussi est en quête de cet équilibre, qui repose en grande partie sur la disponibilité suffisante de minéraux qui permettent une bonne conduction du signal nerveux.

Là encore, les études réalisées à grande échelle nous disent qu’une majorité de la population dans les pays industrialisés est carencée en minéraux, en magnésium en particulier.

En France, près de 8 Français sur 10 souffrent d’une carence en magnésium sans le savoir10!!

La raison principale est que les techniques d’agriculture moderne ont vidé les réserves en magnésium de nos sols et de nos aliments. Des études montrent que certains de nos aliments ont perdu jusqu’à 70% de leur teneur en magnésium en à peine 60 ans !

Les nutritionnistes considèrent qu’une alimentation de qualité ne permet plus de recevoir la quantité de magnésium dont nous avons besoin. C’est pourquoi beaucoup conseillent de prendre, chaque jour, un complément alimentaire de magnésium (300 à 400 mg/jour).

Si vous aimez les tisanes, je vous propose une petite infusion minéralisante.

Dans un bocal de 1,5 litre ou une grande casserole, placez 30 g de feuilles d’ortie sèches.

Versez dessus 1 litre d’eau bouillante, couvrez et laissez infuser 30 minutes. Filtrez et buvez, chaud ou froid.

Cette infusion vous apportera environ 960 mg de calcium, 280 mg de magnésium et 580 mg de potassium, un excellent apport très assimilable car ces minéraux sont relâchés dans l’eau chaude sous forme ionisée et pénètrent donc directement au travers de la paroi intestinale sans digestion nécessaire.

Vous pouvez rajouter un peu de miel si vous trouvez que le goût est trop vert.

L’orchestre de la tranquillité


Dans un dossier de la revue Révolution Santé consacré au stress (à retrouver ici), le dr. Marie-Françoise Chamberlin insiste particulièrement sur le rôle des vitamines du groupe B, chacune jouant sa partition bien précise au sein de « l’orchestre de la tranquillité »  :

    • La vitamine B1 joue un rôle important au niveau du cerveau et participe à la transmission de l’influx nerveux.
    • La B2 intervient au niveau des cellules nerveuses.
    • La B3 est importante pour lutter contre l’instabilité émotionnelle.
    • La B5 est surnommée la vitamine antistress pour son implication dans le fonctionnement des glandes surrénales.
    • Les vitamines B6, B 9 et B12 interviennent dans la synthèse des neurotransmetteurs et sont essentielles aux processus de méthylation et de décarboxylation, qui sont les garants de la synthèse de l’ADN.

La vitamine C possède des effets régulateurs sur la sécrétion du cortisol, ce qui rend les personnes moins sensibles au stress. Elle est en plus très connue pour ses propriétés contre la fatigue et ses vertus immunostimulantes.

Les probiotiques permettent de soulager efficacement les maux de ventre ou la diarrhée liées au stress.

Une méta-analyse de grande envergure a confirmé qu’améliorer sa santé intestinale par la prise de probiotiques était efficace pour lutter contre le stress, l’anxiété et même la dépression 11.

Une alimentation riche en produits fermentés comme la choucroute, le miso, le kéfir… sera bénéfique pour lutter contre le stress, en favorisant un bon équilibre de la flore intestinale.

 

Fabuleuses thérapies corps-esprit


La place me manque dans cette lettre pour aborder l’immense potentiel antistress que nous proposent les plantes, mais vous pouvez retrouver une lettre précédente sur le sujet ici.  

Je voudrais en revanche aborder quelques pratiques psychocorporelles, des approches thérapeutiques basées sur l’unité corps-esprit, qui permettent une meilleure gestion de notre affect, de nos émotions de nos relations avec les autres.

Leur point commun, il me semble, est d’être centrées sur le présent (là où nous vivons) et non sur le futur générateur de stress et d’anxiété.

Certaines de ces thérapies sont basées sur le toucher, d’autres sur des modifications de conscience, d’autres encore permettent d’exprimer sa créativité, etc. Je vous propose ici quelques pistes à essayer pour trouver celle qui est la plus appropriées à votre stress..
 
L’hypnose est un état de veille intense, qui permet de se concentrer sur sa sphère intérieure, son imaginaire, ses ressources ; ce n’est pas du sommeil car la mémoire, l’attention, la vigilance sont exacerbées.

La méditation en pleine conscience permet de rester dans l’instant présent tout en gardant l’esprit clair et sans jugement, avec des effets antistress de la méditation avérés12. Les participants constatent une baisse du stress ressenti, confirmée par la diminution du cortisol sanguin, une baisse de l’anxiété voire de l’état dépressif.13 Elle facilite également le sommeil et agit aussi sur l’expression des gènes, en réduisant ceux impliqués dans l’inflammation et le stress.

L’ostéopathie permet de libérer des énergies, de les faire circuler harmonieusement, de récupérer une mobilité somatique. Elle améliore le fonctionnement des systèmes nerveux et vasculaires et globalement les états physiques et mentaux.

L’art-thérapie utilise la créativité pour se changer les idées, mais aussi exprimer des souffrances ou des non-dits à travers sa propre création.

Le qi-gong est une pratique traditionnelle chinoise, basée sur la respiration, la concentration, l’attention mentale et le mouvement lent permettant la maîtrise de l’énergie vitale.

La réflexologie dont la plus connue est la réflexologie plantaire permet de stimuler des points par pressions, dans le but de redynamiser le corps, d’équilibrer les énergies circulantes et d’apporter une certaine relaxation.

Le shiatsu, très pratiqué au Japon. Il consiste en des pressions douces et soutenues, exercées sur l’ensemble du corps, notamment au niveau des points d’acupuncture et des méridiens.

Le TRE (Tension and Trauma Releasing Exercices) est basé sur l’observation des animaux qui après un stress intense, se mettent à trembler de tout leur corps, avant de trouver le repos. Le principe est simple : les muscles mobilisés lors d’une situation de stress gardent la mémoire de cette tension et le fait de trembler permet tout simplement de décharger cette trace. Son créateur, David Berceli, a mis au point des exercices qui fatiguent les muscles et permettent de déclencher des tremblements salvateurs.

La cohérence cardiaque. Il s’agit de ralentir et de synchroniser le rythme respiratoire et le rythme cardiaque, ce qui s’obtient grâce à une respiration lente, ample et régulière de 6 cycles par minute, soit inspire en 5 secondes et expire en 5 secondes. Les études faites sur ce sujet démontrent que cette pratique produit un ensemble de réactions biochimiques : le taux de cortisol baisse, tandis que celui de certains neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine et l’ocytocine augmente. La sensation de calme favorise la stabilité émotionnelle.

Voilà. Il existe bien d’autres techniques mais je ne voulais pas être trop long, mais surtout, n’hésitez pas à partager en commentaire ce qui marche – ou ne marche pas – pour vous.

Santé !

Gabriel Combris