Chers amis,
La semaine dernière, onze ministres européens ont pris leur joli stylo Montblanc (j’imagine qu’ils ont un Montblanc plutôt qu’un Bic, ça fait plus ministre) pour signer une tribune dans la presse, histoire de montrer un peu de quel bois ils se chauffaient…
Leur propos ? Dire « haut et fort » que la dépendance européenne vis-à-vis des antibiotiques, majoritairement produits en Asie, ne « pouvait plus durer » ! 1
On applaudit devant tant d’audace…Et encore plus quand on lit que cette situation représente d’après eux une « menace stratégique pour la sécurité et la défense du continent », notamment en cas de crise géopolitique ou de conflit.
Braoum !!!…Et ensuite ? Mais rien, évidemment !!
Ces messieurs/dames se réveillent comme d’habitude après la bataille, cela fait des années que l’industrie pharmaceutique est allée chercher des coûts de production réduits à l’autre bout du monde, et surtout ils arrivent avec des solutions encore plus lénifiantes.
En gros, il s’agirait de « subventionner les entreprises pharmaceutiques européennes » aux frais du contribuable, pour éviter qu’elles continuent d’aller produire leurs pilules en Chine ou en Inde…
Subventionner Big Pharma…What else, comme dirait l’autre…
Maintenant il y a quand même quelques remarques qu’on pourrait faire à leurs excellences.
Et d’abord, puisqu’il est question d’antibiotiques, ils semblent oublier la menace de l’antibiorésistance, liée à la surconsommation de ces médicaments.
On l’a évoqué mille fois, mais voici ce que dit l’OMS à ce sujet :
En France, ce problème a été souligné par un rapport officiel du Ministère de la Santé, déjà en 2015, et depuis les choses n’ont fait qu’empirer.
Évidemment, il ne s’agit pas de dire que les antibiotiques ne servent à rien. Mais c’est peut-être le moment de se poser aussi la question des alternatives crédibles pour éviter la surconsommation.
Pourquoi personne ne parle de ces alternatives efficaces ?
Un premier exemple : les recherches formidables qui ont été faites ces dernières années sur le potentiel antibactérien de l’argent colloïdal.
Il vous suffit de parcourir le moteur de recherche Pubmed pour trouver 66 pages d’articles scientifiques sur ce sujet.
Et ces recherches démontrent que l’argent colloïdal est capable de neutraliser la prolifération bactérienne avec une efficacité égale à celle des antibiotiques.
Il y a déjà 20 ans qu’on le sait, depuis qu’un article de de Leavitt et Revelli avait démontré son efficacité dans le traitement d’infections telles que la salmonellose ou le staphylocoque doré.
Leur conclusion à l’époque : « l’argent colloïdal peut être utilisé efficacement comme alternative aux antibiotiques ».2
Ces résultats n’ont pourtant pas fait bouger d’un iota nos autorités de santé puisqu’aujourd’hui, le métal reste interdit en Europe en tant que traitement thérapeutique…
Ce qui est d’autant plus aberrant que d’autres études prouvent qu’en association avec les antibiotiques, l’argent colloïdal montre des résultats excellents sur des bactéries récalcitrantes aux traitements habituels.
« L’argent multiplie par 1000 l’efficacité des antibiotiques »3, pouvait-on par exemple lire en 2019, sous la plume de James Collins, dans la Science Translational Medecine.
Deuxième exemple avec cette autre thérapie dont on parle trop peu aujourd’hui : les bactériophages.
Les bactériophages (ou phages) sont des virus tueurs de bactérie, découverts par Felix d’Hérelle au début du XXe siècle et qui étaient un peu tombés depuis dans les oubliettes de la science.
Vraiment dommage, car certains témoignages révèlent l’immense efficacité des bactériophages. Regardez plutôt le témoignage de Caroline L., que les phages ont sauvé d’une amputation :
« Après une chute et plusieurs opérations, son pied droit s’infecte. Les antibiotiques sont impuissants, et les médecins ne voient plus qu’une solution : l’amputation. La jeune femme signe une décharge pour expérimenter un traitement interdit en France : la phagothérapie ou l’utilisation de virus pour détruire des bactéries. « Sur la plaie, on versait toutes les 24 heures les phages. C’était juste génial, car au fur à mesure des pansements, je voyais ma plaie se refermer. »4
Un groupe de chercheurs a lancé en 2013 l’étude Phagoburn. Des cocktails de phages ont été présentés à l’Agence Européenne du Médicament qui en a autorisé la commercialisation 5.
A l’hôpital de la Croix Rousse-Hospices civils de Lyon (HCL), deux patients atteints de sévères infections ostéo-articulaires ont bénéficié d’un traitement par phages 6.
Le principal intérêt des phages est qu’ils s’attaquent à une bactérie précise : dans le cas de l’étude lyonnaise, un Pseudomonas aeruginosa multirésistant chez un patient, et un staphylococcus aureus récidivant chez l’autre. Ils ne détruisent pas les autres bactéries comme le font les antibiotiques.
Grâce au traitement par phages, les plaies ont pu cicatriser, alors que tous les autres traitements avaient échoué.
Ces guérisons ouvrent la perspective d’une véritable prise en compte de la phagothérapie par le corps médical, à l’heure où l’Agence Européenne du Médicament a autorisé leur utilisation.
Mais à l’heure où je vous écris, le feu vert n’est toujours pas donné en France.
Nos ministres sont trop occupés à signer des tribunes pour « s’alarmer » de blablabli et blablabla…
Huiles essentielles et antibiotiques
Autre famille d’intérêt évidente dans la lutte anti-infectieuse, les huiles essentielles, qui pourraient avoir les mêmes effets que les antibiotiques, en observant un mécanisme complexe en trois temps :
D’abord, elles traversent les membranes biologiques de la bactérie. Elles perturbent ensuite son métabolisme cellulaire (diminution du métabolisme énergétique, réduction des échanges d’électrons au niveau des membranes). Enfin, elles bloquent les fonctions vitales de la bactérie (respiration et équilibre ionique intracellulaire).
Les quatre constituants principaux des huiles essentielles contre les bactéries sont le carvacrol, l’eugénol, le thymol, le cinnamaldéhyde, mais on peut également ajouter des molécules telles que le linalol et le géraniol.
Il est probablement trop tôt pour affirmer que les huiles essentielles peuvent être des alternatives complètes aux antibiotiques, mais ce qui est certain c’est que l’on peut aujourd’hui les utiliser en coopération.
Dans certains cas cliniques, l’huile essentielle est même venue au secours d’antibiotiques qui n’agissaient plus !
L’huile essentielle d’arbre à thé (teneur importante en terpinène 1-ol-4 associé à de l’alpha-terpinéol) a notamment permis d’éviter l’évolution de l’infection à Staphylococcus aureus sur une blessure d’un membre 7.
Contrairement aux antibiotiques, qui n’agissent que sur les virus, les huiles essentielles sont capables de détruire les virus et de bloquer l’inflammation… ce qui limite le risque de surinfection bactérienne ou fongique !
L’huile essentielle de giroflier, riche en eugénol, est utilisée dans de nombreuses infections et a en plus un pouvoir anti-inflammatoire. Les huiles d’eucalyptus radié, de niaouli, de ravintsara, de cajeput…riches en 1-8 cinéole, affichent action antivirale, anti-inflammatoire et bactéricide.
Exemple d’un mélange anti-infectieux à utiliser en début d’infection ORL-broncho-pulmonaire :
On dilue les huiles dans un support huileux (flacon de 30 ml d’huile végétale de macadamia par exemple) dans les proportions suivantes :
Puis on applique une noisette du mélange sur la poitrine, jusqu’à cinq fois par jours pendant une semaine.
Voilà trois exemples qui montrent, il me semble, qu’une voie modeste vers un petit peu plus de souveraineté en matière de santé serait d’arrêter, dans les plus brefs délais, de dédaigner des solutions simples, naturelles, scientifiquement étayées et de surcroît efficaces.
Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez.
Santé,
Gabriel Combris
Sources :
[1] https://fr.euronews.com/my-europe/2025/03/09/la-dangereuse-dependance-de-leurope-a-legard-des-medicaments-est-le-talon-dachille-de-sa-s
[2] L. M. Collins, Is silver an antibiotic alternative? BYU study shows colloidal silver is as good as penicillin. Deseret News, 2000.
[4] https://www.francetvinfo.fr/france/la-phagotherapie-l-alternative-aux-antibiotiques-bientot-autorisee-en-france_1328381.html
[5] https://www.letemps.ch/sciences/2017/02/21/virus-antibacteriens-retour
[6] https://www.reseau-chu.org/article/a-lyon-le-1er-traitement-par-phages-fabrique-en-france/
[7] Acta Cir Bras. 2015 Jun;30(6):Antimicrobial activity of Melaleuca sp. oil against clinical isolates of antibiotics resistant Staphylococcus aureus.Falci SP1, Teixeira MA2, Chagas PF3, Martinez BB2, Loyola AB2, Ferreira LM4, Veiga DF5.