Chère lectrice, cher lecteur,

« Attention, elle arrive ! »

Dans les couloirs de l’Elysée, juste avant le conseil des Ministres, c’est la panique !

Pour un peu, on se cacherait bien sous la table, et même des ministres qui se détestent semblent prêts à partager une planque derrière un des gros rideaux tous neufs de la salle Murat, où se tient le conseil.

Mais que se passe-t-il ? Un « gilet jaune » qui débarque ?! Non, non, c’est la ministre de la Santé, Madame Agnès Buzyn qui fait son entrée !!!

Surnom ? « L’aiguille »

Il faut dire qu’elle a annoncé qu’elle voulait « vacciner TOUT le gouvernement contre la grippe » [1].

Même le Président, elle veut le piquer : « Avec ses responsabilités, je ne peux pas imaginer qu’il ne soit pas vacciné ».

Vous ne me croyez pas ? Allez vérifier. Il y a juste le surnom qui est de moi, mais pour le reste, c’est rigoureusement authentique. C’est écrit noir sur blanc, dans les colonnes du Journal du Dimanche [2].

La vaccination, c’est son dada à Madame Buzyn ! Elle veut que tout le monde y passe. Les ministres comme les autres ! En 2017, vous vous rappelez, elle n’avait pas hésité à payer de sa personne et à se faire photographier en…pleine action [3] :

                                                                  Simple et chic, parfait maintien,

Agnès Buzyn c’est passion vaccin !

Mais dans ce joli tableau, il y a tout de même une question qui fâche : ce vaccin contre la grippe, est-il utile, oui ou…non ?

Et c’est là, bien sûr, que les choses se compliquent.

D’abord parce que les médecins eux-mêmes évitent soigneusement le vaccin.

Dans les hôpitaux parisiens, par exemple, seuls 25 % des médecins se vaccinent contre la grippe [4]. Ailleurs, certaines estimations font état d’à peine 20 % de couverture vaccinale chez les professionnels de santé.

Oubli, manque de temps…ou de confiance dans le vaccin et son efficacité ?

Dur à dire.

(2 ou trois) Choses embêtantes sur le vaccin antigrippe

Mais les médecins savent très bien deux choses embêtantes sur le vaccin contre la grippe.

La première, c’est qu’en hiver, on a tendance à voir la grippe un peu partout…et en particulier là où elle n’est pas !

En effectuant des prises de sang sur des personnes qui « présentaient un état grippal », des chercheurs américains ont ainsi constaté pour l’année 2008-2009 que le virus de la grippe n’était en cause que dans 14,1% des cas [5] !

Il existe en effet plus de 200 virus différents de la grippe, entraînant les mêmes symptômes (mal à la tête, des courbatures, de la fièvre et une grande fatigue) : picornavirus, métapneumovirus, coronavirus, virus respiratoire syncytial, rhinovirus, etc. Et contre ces virus, le vaccin antigrippal n’est absolument d’aucun secours.

L’histoire de « Bip-Bip et Coyote »

Deuxième problème bien connu, celui de la mutation rapide du virus de la grippe.

Les laboratoires fabriquent en effet les vaccins à partir des données transmises chaque année en février par les experts de l’Organisation Mondiale de la Santé, soit presque un an avant la disposition du vaccin.

Ainsi, il est fréquent que la grippe qui sévit en hiver ne soit pas exactement la même que celle qui a été utilisée pour préparer le vaccin.

Ce décalage, comme le reconnaît le laboratoire français Sanofi « complique la tâche du fabricant et peut diminuer l’efficacité du vaccin lorsque la mutation se fait pendant la saison grippale » [6].

« Efficacité diminuée »…C’est le fabricant lui-même qui le dit ! Mais bon, pas trop fort tout de même, car les vaccins antigrippe lui rapportent 1,5 milliards d’euros par an.

En réalité, on a l’impression chaque année d’assister à la course sans fin du Vil Coyote (le vaccin) poursuivant Bip-Bip (la grippe) sans jamais le rattraper.

Très drôle dans un dessin animé, beaucoup moins quand on à affaire à un virus aussi ravageur que la grippe.

Début janvier 2017, 13 résidents d’une maison de retraite médicalisée à Lyon sont morts suite à une épidémie de grippe. Parce qu’ils n’étaient pas vaccinés ? Non, justement…

Non seulement il y a eu autant de cas de grippes chez les vaccinés que les non vaccinés (66 %, contre 69 %), mais en plus il y a eu autant de morts chez les vaccinés que les non vaccinés (14,5 % contre 11 %).

Un incident dramatique qui confirme ce qu’on sait depuis longtemps :

« Le vaccin contre la grippe a largement prouvé son inefficacité, notamment sur les personnes âgées, qui représentent pourtant le principal groupe à risque », expliquait dès 2012 le Dr Pascal Büchler, membre du groupe médical suisse de réflexion sur les vaccinations [7].

Constat partagé par le Pr Daniel Floret, du Haut Conseil de santé publique, pour qui il existe une « impossibilité statistique à prouver les bénéfices du vaccin » pour les personnes âgées. « Le système immunitaire ayant tendance à se dégrader avec le temps, ce public réagit moins bien aux vaccins en général et à celui contre la grippe en particulier. »

De très nombreuses autres études ont affiché des résultats qui vont du médiocre au… calamiteux :

Une méta-analyse publiée en mars 2014 par la revue Cochrane, portant sur une centaine d’essais, a estimé qu’il fallait injecter le vaccin à 71 personnes au moins pour empêcher 1 cas de grippe.

Les chercheurs ont conclu à une efficacité « très faible » y compris chez les femmes enceintes, et attesté que la vaccination ne réduit ni le nombre d’hospitalisations, ni le nombre de complications !!

L’hiver 2014, l’efficacité du vaccin contre la grippe fut très faible : 23 % selon l’OMS et seulement 18 % selon le Centre américain des maladies d’Atlanta [8].

Une étude de l’Académie des sciences américaine a montré que le vaccin contre la grippe avait été « inefficace » contre le virus prédominant lors de l’hiver 2016-2017 .

Et maintenant, le pompon !

Et maintenant, le « pompon », si on peut dire, avec cet aveu sidérant des autorités canadiennes, lorsqu’elles ont reconnu en 2015 un taux d’efficacité de 0 % pour le vaccin contre la grippe [10]. Zé-ro, rien, totalement inutile. 

« Les huit millions de personnes qui se sont fait vacciner l’ont donc fait en pure perte. Leur argent est gaspillé. Elles ont couru le risque d’effets indésirables de la vaccination pour rien. »

Totalement inutile MAIS…pas forcément sans danger, comme le soulignent certains observateurs : « On ne connaîtra pas le nombre d’accidents liés à la vaccination. Il ne sera jamais communiqué pour la bonne raison que les autorités ne cherchent surtout pas à le connaître. »

Dommage, car la vaccination comporte évidemment des risques. Et pas des moindres, même si le vaccin contre la grippe est moins dangereux que d’autres (il ne contient pas d’adjuvant comme l’aluminium).

Parmi les effets indésirables, on recense névralgie, convulsion accompagnée de fièvre, troubles neurologiques comme encéphalomyélite, névrite et syndrome de Guillain-Barré (maladie auto-immune inflammatoire du système nerveux).

Donc maintenant, la question est la suivante :

Finalement, qui doit vraiment se vacciner ?

L’avantage du vaccin contre la grippe, c’est qu’il n’est pas (encore) obligatoire, et que vous avez donc la liberté de choisir.

Je souligne cet aspect car par les temps qui courent, c’est suffisamment rare pour être remarqué.

En définitive, seules les personnes fragiles devraient réellement considérer l’option vaccinale :

  • Celles qui doivent subir une greffe d’organe
  • Les patients traités pour cancer ou même guéris car ils restent fragiles
  • Les porteurs de maladies de civilisation : diabète, obésité, maladies auto-immunes graves…
  • Les insuffisants respiratoires chroniques
  • Celles et ceux, âgés, fatigués, dépendants… [11]

Si vous n’êtes pas dans l’une ou l’autre de ces catégories, c’est surtout un travail de prévention et de renforcement du système immunitaire qui permettra de passer un hiver tranquille.

Je vous proposerai prochainement une lettre complète sur le renforcement de l’immunité, mais on peut déjà limiter la transmission du virus par des mesures de bon sens :

  • Se méfier du confinement, surtout avec des personnes malades…
  • Aérer les pièces dès que possible, au moins 10 mn par jour. Renouveler l’air, c’est le purifier !
  • Désinfecter régulièrement son frigo, les poignées de portes et vos surfaces de travail.
  • Avoir une alimentation diversifiée. Compléter par des suppléments une alimentation moins riche en vitamines qu’en été.

Prendre un complément de vitamine D.

La vitamine D permet la fabrication d’antibiotiques naturels appelés AMP (peptides antimicrobiens). Elle est également  indispensable pour que les globules blancs se multiplient et se différencient de façon efficace.

De nombreuses études montrent que la supplémentation en vitamine D améliore notre système immunitaire et réduit les infections hivernales. Ainsi, une étude chez des femmes ostéoporotiques a montré une réduction significative des infections respiratoires et des grippes en cas de supplémentation en vitamine D à raison de 2000 UI/j ou de 800 UI/j. L’effet était encore plus significatif dans le groupe recevant 2000 UI/j, ce qui montre qu’il faut savoir prendre des doses suffisantes.

L’effet est le même chez les enfants. Une étude sur des écoliers japonais (non vaccinés contre la grippe) recevant soit 1200 UI/j de vitamine D, soit un placebo durant les mois d’hiver a montré une réduction de 42% de l’incidence de la grippe dans le groupe ayant bénéficié de la supplémentation [12].

☑ Prenez aussi de la vitamine C, qui favorise la fabrication de lymphocytes T (soldats d’élite contre un grand nombre d’agents pathogènes). Prendre 500mg de vitamine C naturelle le matin et le midi après le repas (donc un gramme au total).

  • Boire régulièrement. Penser aux boissons chaudes et en particulier aux tisanes « thérapeutiques » : de thym, de romarin, citron chaud avec du miel, de la cannelle et du gingembre …Une étude japonaise de 2009 sur le thé vert a montré une forte réduction du nombre de grippes dans un groupe d’adultes prenant des compléments alimentaires de thé vert par rapport à un groupe placebo [13].
  • Penser aux trésors de la ruche, et à la propolis notamment. En homéopathie, Influenzinum 9 CH en prévention.

Départ en « mission immunitaire »

Renforcer son immunité, c’est voir l’infection comme une fragilité du terrain plutôt que comme une agression extériorisée qu’il faudrait écraser (comme le font par exemple les antibiotiques).

Il faut donc initier une démarche active, « multi-directionnelle », où la prise en compte du lien corps-esprit est une donnée essentielle pour construire un terrain robuste.

Et ça commence, comme bien souvent, avec…l’intestin, acteur essentiel de notre système immunitaire.

Vous ne voulez qu’un seul exemple : 80% des gammaglobulines qui iront défendre nos bronches naissent dans l’intestin, dans une zone particulière de la muqueuse intestinale qu’on appelle les « plaques de Peyer ».

Un nombre important d’études montre l’efficacité des probiotiques pour le système immunitaire, via leur effet favorable sur la flore intestinale. Une étude clinique a notamment démontré qu’un supplément de probiotiques réduisait de 2 jours la durée de la grippe (et du rhume).

Les résultats de plusieurs essais cliniques indiquent ainsi que les bactéries lactiques stimulent la production de divers anticorps dans l’organisme humain [14][15][16]. Par exemple, des suppléments de Lactobacillus GG ont procuré une protection significative, contre les infections du système respiratoire [17].

D’excellents probiotiques sont les aliments fermentés : choucroute crue, kimchi coréen (choux et autres légumes fermentés avec du piment), miso (pâte salée faite à partir de soja fermenté), kefir (boisson pétillante faite à partir de lait ou de jus de fruit fermenté), le kvas (boisson pétillante faite à partir de pain fermenté dans de l’eau sucrée et de la levure).

Côté plantes, LA star de l’immunité, c’est l’échinacée, qui reçoit même les félicitations de l’Agence Européenne du Médicament :

« Son efficacité est confirmée par les études cliniques pour l’utilisation à court terme et le traitement des infections aigües du système respiratoire supérieur chez l’adulte et l’adolescent » [18][19].

Une étude de 2015 « randomisée en double aveugle », a comparé l’efficacité d’un extrait d’échinacée en boisson chaude à celle d’un médicament antiviral, l’oseltamivir (Tamiflu). En phase précoce, la plante est aussi efficace que le médicament.

L’échinacée agit dès les premiers symptômes (courbatures, piccotements dans la gorge etc.) Prendre une cuillère à café d’extrait liquide toutes les 2 à 3 heures, en se limitant à 5 prises par jour jusqu’à ce que les symptômes commencent à disparaitre.

Depuis des siècles, les médecins chinois élèvent l’astragale au même rang que le ginseng, dans la famille des « toniques supérieurs » [20].

Elle tonifie le sang et une énergie particulière nommée Wei Qi. Celle-ci circule en périphérie de notre corps, juste sous la peau. L’astragale agit comme un bouclier protecteur qui barre la route aux agressions extérieures : froid, bactéries ou virus.

Plusieurs études ont confirmé son puissant effet immunostimulant [21]. On observe, par exemple, une activation des lymphocytes et des macrophages – soldats de l’immunité – et une augmentation de la puissance d’action des natural killers.

Le mieux est qu’il suffit d’une seule prise pour remarquer une amélioration de certaines réactions immunitaires durant les sept jours qui suivent [22] ! En prévention, prendre 2 à 4 ml d’extrait liquide 3 fois dans une journée.

Enfin, avant de conclure, je m’en voudrais de ne pas donner un petit conseil à nos ministres qui souhaiteraient éviter l’aiguille mordante de leur collègue de la santé.

Selon une étude publiée dans BMC Immunology, l’extrait d’huile d’eucalyptus contribuerait à la réponse immunitaire innée [23].

En cas de grippe, appliquer 6 gouttes d’huile essentielle d’Eucalyptus globulus directement sur le thorax en friction, jusqu’à 4 fois par jour.

Ah, une dernière chose. N’hésitez pas à me faire signe à la sortie de l’hiver pour me dire si ces premières pistes vous ont aidé !

Santé !

Gabriel Combris

[1] https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/agnes-buzyn-veut-vacciner-le-gouvernement-contre-la-grippe-3807671

[2] https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/agnes-buzyn-veut-vacciner-le-gouvernement-contre-la-grippe-3807671

[3] https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2017/10/05/vaccination-antigrippale-agnes-buzyn-montre-lexemple-aux-entretiens-de-bichat_851072

[4] http://www.francesoir.fr/societe-sante/grippe-un-medecin-alerte-sur-la-vaccination-des-enfants

[5] « 2008–2009 Influenza Season Week 15 ending April 18, 2009 ». FluView: A Weekly Influenza Surveillance Report Prepared by the Influenza Division (Centers for Disease Control and Prevention). 24 April 2009.

[6] https://www.sanofipasteur.com/fr/principes-immunisation/grippe-saisonniere/vaccin-contre-la-grippe-cest-une-course-contre-la-montre

[7] http://www.swissinfo.ch/fre/societe/campagne-sanitaire_le-vaccin-contre-la-grippe-divise-le-monde-m%C3%A9dical/33791334

[8] https://professeur-joyeux.com/a-propos-du-vaccin-contre-la-grippe/

[9] Contemporary H3N2 influenza viruses have a glycosylation site that alters binding of antibodies elicited by egg-adapted vaccine strains, J. Zohst et al., PNAS, 2017

[10] http://www.lapresse.ca/actualites/sante/201501/30/01-4839815-vaccination-contre-la-grippe-un-taux-defficacite-de-0.php

[11] https://professeur-joyeux.com/a-propos-du-vaccin-contre-la-grippe/

[12] Mitsuyoshi Urashima et al. Randomized trial of vitamin D supplementation to prevent seasonal influenza A in schoolchildren. Am J Clin Nutr 2010; 91: 1255-60.

[13] Matsumoto K, Yamada H, Takuma N, Niino H, Sagesaka YM. Effects of green tea catechins and theanine on preventing influenza infection among healthcare workers: a randomized controlled trial. BMC Complement Altern Med. 2011 Feb 21;11:15.

[14] Arunachalam K, Gill HS, Chandra RK. Enhancement of natural immune function by dietary consumption of Bifidobacterium lactis (HN019).Eur J Clin Nutr. 2000 Mar;54(3):263-7.

[15] Meydani SN, Ha WK. Immunologic effects of yogurt.Am J Clin Nutr. 2000 Apr;71(4):861-72.

[16] Sheih YH, Chiang BL, et alSystemic immunity-enhancing effects in healthy subjects following dietary consumption of the lactic acid bacterium Lactobacillus rhamnosus HN001.J Am Coll Nutr. 2001 Apr;20(2 Suppl):149-56.

[17] Hatakka K, Savilahti E, et alEffect of long term consumption of probiotic milk on infections in children attending day care centres: double blind, randomised trial.BMJ. 2001 Jun 2;322(7298):1327. Texte intégral : http://bmj.bmjjournals.com

[18] http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Herbal_-_HMPC_assessment_report/2015/04/WC500185435.pdf

[19] A réserver aux enfants de plus de 12 ans.

[20] https://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=astragale_ps

[21] Matkovic Z, Zivkovic V, Korica M, Plavec D, Pecanic S, Tudoric N. Efficacy and safety of Astragalus membranaceus in the treatment of patients with seasonal allergic rhinitis. Phytother Res. 2010 Feb; 24(2):175-81.

[22] Brush J1, Mendenhall E, Guggenheim A, Chan T, Connelly E, Soumyanath A, Buresh R, Barrett R, Zwickey H. The effect of Echinacea purpurea, Astragalus membranaceus and Glycyrrhiza glabra on CD69 expression and immune cell activation in humans. Phytother Res. 2006 Aug;20(8):687-95.

[23] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2374764/